La stratégie européenne pour l'élevage remet le bien-être animal au cœur du débat
Il est temps d'interdire l'élevage en cage
Paris, le 09 juillet 2026 - QUATRE PATTES salue la nouvelle stratégie européenne pour l'élevage, présentée aujourd'hui par la Commission européenne. Le texte reconnaît une réalité longtemps ignorée : améliorer le bien-être animal ne fragilise pas les élevages. Au contraire, c'est un levier pour renforcer leur résilience, améliorer la santé des animaux, restaurer la confiance des consommateurs et construire un système alimentaire plus durable pour l'élevage, présentée aujourd'hui par la Commission européenne. Le texte reconnaît une réalité longtemps ignorée : améliorer le bien-être animal ne fragilise pas les élevages. Au contraire, c'est un levier pour renforcer leur résilience, améliorer la santé des animaux, restaurer la confiance des consommateurs et construire un système alimentaire plus durable.
Des années d'attente
La stratégie annonce plusieurs réformes attendues de longue date. La Commission prévoit notamment de réviser la législation européenne applicable aux poules pondeuses, aux poulets de chair et aux porcs. Elle évoque notamment l'interdiction des cages, la fin de l'élimination des poussins mâles, l'introduction d'exigences de bien-être animal pour les produits importés, la création d'indicateurs harmonisés et la mise en place d'un soutien financier pour accompagner les éleveurs dans cette transition.
Le texte ouvre aussi la voie à une réévaluation des exportations d'animaux vivants destinés à l'abattage. Il prévoit par ailleurs de soutenir le développement d'abattoirs de proximité et d'abattoirs mobiles, afin de limiter les temps de transport des animaux tout en renforçant les économies rurales.
Pour QUATRE PATTES, ces annonces constituent une première avancée, attendue après plusieurs années d'inaction. Elles restent toutefois insuffisantes. Si ces mesures vont dans la bonne direction, elles ne constituent pas une réforme d'ensemble capable de garantir des conditions d'élevage adaptées aux besoins de chaque espèce.
Autre point de vigilance : seules les volailles et les porcs font aujourd'hui l'objet d'engagements législatifs concrets. Pour les autres espèces, la Commission se contente d'évoquer un « suivi progressif » de l'initiative citoyenne européenne End the Cage Age, sans annoncer de nouvelles mesures ni de calendrier précis. Cette absence de calendrier entretient l'incertitude, tant pour les animaux concernés que pour les éleveurs, qui manquent de visibilité sur les futures évolutions réglementaires.
« La stratégie place, à juste titre, le bien-être animal au cœur de l'avenir de l'élevage européen. Mais annoncer seulement deux propositions législatives dans les dix-huit prochains mois est loin de répondre aux enjeux. La Commission elle-même souligne que la transition nécessitera plusieurs milliards d'euros d'investissements et qu'elle suppose un cadre juridique stable, clair et prévisible. Or une succession de textes, espèce par espèce, produit précisément l'effet inverse. La logique de cette stratégie plaide au contraire pour un cadre européen global en matière de bien-être animal », Georgia Diamantopoulou, responsable des politiques européennes de QUATRE PATTES.

En France, les associations maintiennent la pression
La présentation de cette stratégie européenne pour l'élevage intervient symboliquement quelques jours après le cinquième anniversaire de l'initiative citoyenne européenne End the Cage Age.
À cette occasion, plusieurs organisations de protection animale dont QUATRE PATTES, CIWF France, la Fondation Brigitte Bardot, Anima, Welfarm, l'Oeuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoir et Eurogroup for Animals, se sont rassemblées à Paris devant la Représentation permanente de la Commission européenne. Cette mobilisation visait à rappeler qu'il y a désormais cinq ans, la Commission s'était engagée à mettre fin à l'élevage en cage en réponse à l'initiative citoyenne européenne End the Cage Age. Les organisations ont réaffirmé leur attente d'un calendrier législatif clair et ambitieux, à la hauteur des engagements pris et des attentes des citoyens européens.
