Un pékinois

Chiens et chats : plus de 100 vétérinaires alertent sur les souffrances causées par la sélection génétique 

Une tribune publiée dans Le Monde appelle à lutter contre les maladies héréditaires causées par certains critères de race

Paris, le 8 juillet 2026 - Le 2 juillet 2026, Le Monde a publié une tribune signée par plus de 100 vétérinaires et une vingtaine d’auxiliaires spécialisé vétérinaire (ASV) à propos des maladies héréditaires liés à la sélection génétique chez les chiens et les chats. Rédigée par QUATRE PATTES et ses partenaires Animal Cross et Convergence Animaux Politique, cette tribune appelle à faire primer la santé et le bien-être des animaux face aux critères esthétiques et à soutenir la proposition de loi visant à interdire la sélection génétique portant atteinte au bien-être des animaux de compagnie.

Pour lire la tribune

Quand la sélection devient une source de souffrance

Au fil des décennies, des races de chiens et de chats ont vu leurs caractéristiques physiques poussées à l’extrême : museaux très courts, plis cutanés prononcés, tailles atypiques ou morphologies particulières. Si ces caractéristiques peuvent être perçues comme attrayantes car originales, elles sont souvent associées à des problèmes de santé graves et prévisibles.

Les exemples sont bien connus :

  • Difficultés respiratoires chez les races brachycéphales (nez écrasé) ;
  • Troubles articulaires et locomoteurs (dysplasie de la hanche chez le berger allemand par exemple) ;
  • Maladies cardiaques héréditaires (très présentes chez le chat Maine Coon) ;
  • Affections neurologiques (type hernie discale) ;
  • Problèmes dermatologiques chroniques (par exemple les races avec des plis comme le Shar pei).

Ces pathologies ne doivent plus être considérées comme une fatalité inhérente à certaines races mais comme la conséquence de choix de sélection qui peuvent être revus et améliorés pour éviter une souffrance prévisible.

Une prise de conscience qui progresse

Ces dernières années, la problématique des « hypertypes » gagne en visibilité : elle a notamment intégré le règlement européen sur le bien-être des chiens et des chats adopté il y a quelques mois. Des experts vétérinaires appellent à renforcer les mesures visant à privilégier la santé génétique des chiens et des chats.

Dans la tribune, les professionnels de la santé animale font référence à la proposition de loi portée par le sénateur Daniel Salmon. Des mesures législatives nationales feraient de la France un pays pionnier en matière de santé et de bien-être des animaux de compagnie.

S’attaquer aux causes plutôt qu’aux conséquences

Une solution simple devrait être mise en œuvre pour éviter la souffrance liée à la génétique : exclure de la reproduction les individus porteurs de caractéristiques génétiques problématiques. Cela passe par un dépistage systématique, lequel est déjà bien souvent réalisé par les éleveurs responsables. Un cadre légal permettrait de le généraliser et de restreindre le commerce des éleveurs peu scrupuleux.

Changer les mentalités : adopter de manière responsable

Choisir un chien ou un chat ne devrait jamais signifier accepter qu'il souffre toute sa vie de difficultés respiratoires, de douleurs chroniques ou de maladies évitables. Derrière chaque animal se trouve un individu sensible dont le bien-être doit rester la priorité.

La publication de cette tribune contribue à faire avancer un débat indispensable : celui d'un avenir où le bien-être des animaux de compagnie passera avant les effets de mode de caractéristiques physiques originales. Aucune apparence ne devrait justifier la souffrance d'un animal.

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