Des poules en cage

Consultation européenne : un soutien massif pour mettre fin à l’élevage en cages

Plus de 190 000 citoyens souhaitent que l'Europe améliore le bien‑être des animaux d'élevage

Paris, le 13 mars 2026 - La récente consultation publique menée par la Commission européenne sur la modernisation des règles de bien-être animal a suscité une participation particulièrement élevée : plus de 190 000 contributions ont été enregistrées. Parmi les répondants, les citoyens français se situent parmi les plus mobilisés, occupant la troisième place des pays ayant le plus participé. 

Des résultats qui indiquent un large consensus en faveur de l’amélioration des pratiques d’élevage 

Les réponses publiées le 27 février dernier mettent en évidence une position largement partagée concernant plusieurs pratiques d’élevage : 

  • 99 % des citoyens se déclarent favorables à une suppression progressive des cages pour les poules pondeuses, les porcs et d’autres catégories d’animaux d’élevage ; 
  • Du côté des entreprises et associations, 44 à 54 % soutiennent également la fin des cages : 
  • La pratique consistant à éliminer les poussins mâles d’un jour est jugée problématique par près de 98 % des répondants, dont 56 % d’acteurs économiques ; 
  • 96 % des répondants estiment que les produits d’origine animale importés devraient respecter des normes de bien-être équivalentes à celles de l’Union européenne. 

Ces résultats indiquent une convergence notable entre citoyens, ONG et une partie de l’industrie.   

Une transition amorcée par la France, mais aucune date annoncée pour l’interdiction des cages 

En France, plusieurs mesures ont déjà été adoptées pour améliorer les pratiques d’élevage. Depuis la loi EGAlim de 2018, la construction de nouveaux élevages en cages pour les poules pondeuses n’est plus autorisée, et en 2023, la France a mis fin au broyage des poussins mâles dans cette filière grâce à l’introduction du sexage in ovo. Même si ces avancées marquent des étapes importantes, aucune échéance n’a pour l’instant été fixée pour interdire définitivement l’élevage en cages en France. 

Par ailleurs, certaines pratiques intolérables persistent. Des méthodes d’élimination des poussins mâles continuent d’être utilisées, en particulier par gazage dans la filière des ovoproduits, qui fournit notamment les œufs liquides destinés à l’agro‑industrie. Ces angles morts réglementaires montrent que, malgré les progrès accomplis, une harmonisation européenne ambitieuse reste indispensable pour garantir une évolution cohérente des pratiques d’élevage. 

Une mobilisation citoyenne de longue date que la Commission européenne ne peut plus ignorer 

L’appel à mettre fin à l’élevage en cage s’appuie sur une mobilisation citoyenne de longue date. Lancée en 2018, l’Initiative citoyenne européenne End the Cage Age avait déjà recueilli plus de 1,4 million de signatures. 

En réponse à cette initiative, la Commission européenne s’était engagée à présenter, d’ici fin 2023, des propositions législatives visant à interdire progressivement l’élevage en cage dans l’UE. Cet engagement n’ayant pas été tenu, une procédure inédite a été engagée devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Lors de l’audience du 5 mars 2026, les représentants du comité des citoyens et de plusieurs ONG de protection animale ont rappelé que la Commission a l’obligation juridique de publier un calendrier clair pour la présentation de ces propositions. 

Les juges ont interrogé la Commission sur l’absence d’échéancier et sur sa manière d’interpréter l’Initiative citoyenne européenne. La décision définitive de la CJUE est attendue pour cet été. Elle sera déterminante, tant pour les 300 millions d’animaux encore élevés en cage dans l’UE que pour la crédibilité du dispositif démocratique des initiatives citoyennes. 

Conclusion

Alors que la participation citoyenne ne cesse de se confirmer, qu’il s’agisse des 1,4 million de signatures de l’ICE ou des contributions massives à la consultation publique de 2025, la Commission est désormais appelée à en prendre pleinement acte. La publication rapide d’un calendrier précis et de propositions législatives constitue un enjeu central pour garantir des conditions de vie dignes aux animaux élevés au sein de l’UE et pour recouvrer la confiance des citoyens dans les outils de démocratie participative. 

Les résultats complets de la consultation publique sont accessibles ici : Consultation publique. 

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Réformer la législation sur le bien-être des animaux d'élevage


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