Transport d'animaux vivants

Il est urgent de changer de système !

La Cour des comptes européenne révèle de graves lacunes dans les pratiques de transport d'animaux vivants en Europe, y compris en France

18.4.2023

Bruxelles, le 17 avril 2023 –La Cour des comptes européenne (CCE) vient de publier un nouveau rapport qui confirme ce que QUATRE PATTES et de nombreuses autres ONG expriment depuis plusieurs années : le système européen de transport d'animaux vivants ne peut pas garantir un niveau acceptable de bien-être animal. 

Le rapport décrit les principaux facteurs en cause : le transport d’animaux vivants est essentiellement motivé par des considérations économiques et la réglementation européenne sur le Transport n’est pas appliquée de manière uniforme au sein des différents états membres.   

La recherche de toujours plus de profit conduit les transporteurs d’animaux à exploiter les failles de ce système et notamment les différences de coûts et de sanctions entre les États membres.  

Au-delà des transporteurs, c’est l’ensemble du système de production intensif qui est pointé du doigt puisqu’il a conduit à une spécialisation des fermes d’élevage et d’engraissement et à une hyper centralisation des abattoirs, entraînant des transports sur de longues distances de volailles, de porcs, de bovins, d'ovins, de caprins et de porcelets qui naissent dans un pays, sont engraissés dans un autre et vont être abattus dans un pays tiers.   

La France a par exemple exporté, en 2021, 350 000 veaux laitiers en Espagne (trois fois plus qu’en 2012), où ils ont été engraissés avant de prendre la mer, pour une partie d’entre eux, pour être abattus dans des pays extra-européens (Libye, Turquie, Israël…). 

« Le rapport de la Cour des comptes européenne confirme que les choses ne peuvent pas continuer ainsi. Le manque de transparence sur la conduite des transports, la faiblesse des sanctions et les violations constantes du bien-être animal lors du transport continueront d'être systématiques si la législation n’est pas modifiée »

Andreas Manz, coordinateur de la politique européenne sur les animaux d'élevage chez QUATRE PATTES

« Le rapport souligne le rôle clé que les décideurs européens (et donc français) joueront pour engager ou non des changements significatifs. Qu'il s'agisse de mettre en place de meilleures incitations économiques vis-à-vis des transporteurs ou de promouvoir le changement des modes de consommation. »  

Le manque d'incitation économique est illustré par un exemple éloquent : ainsi une amende de 250 € sera infligée pour le transport d'un taureau avec une jambe cassée, alors même que la valeur approximative d'un taureau abattu est d'environ 1 500 €. 

D'autre part, le rapport identifie plusieurs opportunités qui, si elles étaient prises en compte dans la prochaine révision de la législation de l'UE, amélioreraient considérablement le bien-être des animaux pendant le transport. Il s'agit notamment de la promotion du transport des carcasses plutôt que des animaux vivants, de l'harmonisation de l'étiquetage de la viande et de l’intégration de la souffrance animale dans le coût du transport et in fine, dans le coût de la viande.  

Plus largement, le rapport montre que la réduction du nombre et de la durée des trajets ainsi que la recherche d'alternatives au transport d’animaux vivants constitueraient des solutions efficaces pour améliorer significativement le bien-être animal. 

Alors que QUATRE PATTES et de nombreuses autres ONG demandent l'interdiction du transport d’animaux sur une longue distance et des exportations d'animaux vivants vers les pays hors UE, plus d'un tiers de tous les transports d'animaux vivants continue de se faire sur de longues ou très longues distances. Le changement doit avoir lieu maintenant !

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